«Le VTT électrique, c’est une révolution qui s’annonce !»


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Julien Rebuffet, directeur du syndicat des moniteurs cyclistes français (MCF)

A quel public est destiné le VTT électrique ? 

Le VTT à assistance électrique est le produit qui va apporter une vraie solution pour rendre la montagne à vélo plus accessible. Jusqu’ici, il faut reconnaître que le vélo tout terrain en montagne était plutôt une activité dure. Le VTT électrique va permettre de toucher une nouvelle clientèle, comme les seniors, les familles, les femmes, et de leur faire découvrir un nouveau support de randonnée. Grâce à l’assistance électrique, le VTT devient un vrai outil fédérateur qui gomme les niveaux au sein d’un groupe ou d’une famille. C’est parfait pour pratiquer le vélo en couple, par exemple. Cela permet aussi d’aller dans des endroits où nous ne serions jamais allés en VTT classique. Il y a aussi une clientèle sportive qui vient à l’électrique. Cela ouvre de nouvelles possibilités et crée de nouveaux usages. Le milieu fédéral réfléchit déjà à un modèle de compétition, car ça reste du sport. Sincèrement, le potentiel est énorme ! Les responsables des stations commencent à en prendre la mesure. C’est une révolution qui s’annonce ! Cet été marque le point de départ, c’est l’année charnière !

Qui sont les acteurs du développement ?

 Tous les acteurs du tourisme en montagne sont concernés. Certaines stations investissent dans un parc de vélos électriques, comme les 2Alpes avec Cannondale. Morzine, par exemple, a déjà créé un balisage spécifique, car il faut repenser les itinéraires en fonction des nouvelles possibilités qu’offre l’assistance et surtout des contraintes en termes d’autonomie.

Clairement, le développement passera par la location. Comme cela l’est pour le vélo de descente. A l’achat, entre un vélo de descente DH et un électrique, le ticket d’entrée est assez proche, de l’ordre de 2.500 euros prix public. Et comme pour le vélo de descente, une grande partie des personnes pratiquera le VTT électrique uniquement comme une activité estivale. Les plus mordus investiront après avoir s’être initié à la pratique. Nous avons aujourd’hui au MCF une quinzaine de structures qui ont leur parc de VTT électriques. Mais quand il y a des loueurs, nous préférons généralement passer par eux.

Quels sont les freins au développement ?

Le VTT électrique va ouvrir la montagne à une nouvelle population qui n’a pas forcément la culture du vélo ni de la randonnée. Il faut anticiper les problèmes de surfréquentation, d’érosion des sentiers, de conflits d’usages, de surbalisage, de pannes, d’accidents. Il faudra aussi faire prendre conscience aux personnes que piloter un vélo en montagne, ce n’est pas comme en ville ou en plaine. Cela nécessite d’acquérir des compétences techniques, en particulier pour bien gérer la descente, dans un environnement naturel qui n’est pas anodin. C’est tout le travail des moniteurs du MCF.

 

©photos MCF