Les accompagnateurs du Coprels face à ATR


Les accompagnateurs en montagne du collectif Coprels* ont interpellé les pouvoirs publics sur la question de l’encadrement des touristes français à l’étranger lorsque ceux-ci évoluent en milieu montagnard. Récemment créé, le Coprels a fait entendre sa voix à la suite des dramatiques accidents survenus en octobre dernier sur le très fréquenté trek des Annapurna, l’équivalent du Tour du Mont-Blanc à l’échelle du Népal. Le moment était-il opportun ? Ce n’est pas certain. Et incriminer l’encadrement népalais était déplacé vu les circonstances.

Pour autant, cette question mérite d’être entendue. Le groupement vise en particulier l’association des voyagistes ATR (Agir pour un tourisme responsable) et la certification Afnor qu’elle a mise en place. ATR rassemble les principales agences spécialisées (Voyageurs du Monde, Terres d’Aventure, Allibert Trekking, Atalante, La Balaguère…), qui totalisent 200.000 voyageurs par an.

Rappelons que dans la loi française, l’accompagnement de personnes en montagne (milieu spécifique) contre rémunération ne peut être effectué que par des accompagnateurs ou guides ayant un diplôme reconnu par l’Etat.

Selon le Coprels, «les agences de tourisme se font une guerre des prix en éliminant les professionnels [les accompagnateurs français diplômés, Ndlr] de leur encadrement». Et de dénoncer l’usage de la part des agences du terme de guide «formé par nos soins» qui offre un encadrement «sans aucune garantie officielle reconnue». Le collectif a reçu le soutien de l’Unam, syndicat dissident des accompagnateurs en montagne.

L’association ATR, qui indique privilégier depuis 2004 un encadrement local à l’étranger pour des raisons éthiques, estime pour sa part que le Code du sport ne s’applique pas hors du territoire national. Mais qu’en est-il lorsqu’un contrat est passé entre personnes morales et physiques françaises ?

La solution serait peut-être de créer des formations locales reconnues par les instances internationales de guides et accompagnateurs de montagne UIAGM et UIMLA. A l’image du travail mené pendant des années par Henri Sigayret avec les guides népalais. 

*Collectif pour le respect d’un encadrement légal, sécurisé et de qualité des voyages d’aventure vendus en France.